Sénèque · Lettres à Lucilius
Lettre 9
ArgumentPourquoi le sage se fait des amis.
La neuvième lettre part du reproche d’Épicure à Stilpon et demande si le sage, qui se suffit à lui-même, a encore besoin d’amis.
Sénèque répond qu’il peut s’en passer sans le vouloir, et qu’une amitié contractée par intérêt finit comme elle a commencé.
Dans la lettre
Voici en quoi nous différons des Mégariques : notre sage est invincible à toutes les disgrâces, mais il n’y est pas insensible ; le leur ne les sent même pas.
Si le sage se suffit, ce n’est pas qu’il ne veuille point d’ami ; c’est qu’il peut s’en passer ; et quand je dis qu’il le peut, j’entends qu’il en souffre patiemment la perte.
Ne voir que soi, n’embrasser l’amitié que pour soi, méchant calcul : elle finira comme elle a commencé.
Le sage se suffit quant au bonheur de la vie, mais non quant à la vie elle-même.
Le vrai bonheur ne cherche pas à l’extérieur ses éléments : c’est en nous que nous le cultivons ; c’est de lui-même qu’il sort tout entier.
Couverture
Nos éditions comptent 29 lettres sur 124 dans la traduction de Joseph Baillard (1861) ; 29 lettres ont une page ici, celles que la traduction anglaise de Richard Mott Gummere (1917–1925) contient aussi.
Sénèque et Épictète sont dans Stoïque+ — 2 passages de cette lettre, chacun avec sa référence ; Marc Aurèle est gratuit dans l’app.