Sénèque · Lettres à Lucilius
Lettre 13
ArgumentSur la force d’âme qui convient au sage. – Ne pas trop craindre l’avenir.
La treizième lettre soutient que les maux redoutés sont plus nombreux que les maux réels, et que nos peines tiennent plus souvent à l’opinion qu’à la réalité.
Sénèque demande d’examiner si le mal redouté est présent, certain, ou simple bruit, et de ne pas se rendre malheureux avant le temps.
Dans la lettre
Il y a, ô Lucilius, plus de choses qui font peur qu’il n’y en a qui font mal, et nos peines sont plus souvent d’opinion que de réalité.
Oublions ces doctrines si hautes et néanmoins si vraies : ce que je te recommande, c’est de ne pas te faire malheureux avant le temps ; car ces maux, dont l’imminence apparente te fait pâlir, peut-être ne seront jamais, à coup sûr ne sont point encore.
Nos angoisses parfois vont plus loin, parfois viennent plus tôt qu’elles ne doivent ; souvent elles naissent d’où elles ne devraient jamais naître.
Je ne sais comment le chimérique alarme toujours davantage : c’est que le vrai a sa mesure, et que l’incertain avenir reste livré aux conjectures et aux hyperboles de la peur.
Pèse donc ton espoir et ta crainte, et si l’équilibre en somme est incertain, penche en ta faveur et crois ce qui te flatte le plus.
Citations vérifiées dans cette lettre
Couverture
Nos éditions comptent 29 lettres sur 124 dans la traduction de Joseph Baillard (1861) ; 29 lettres ont une page ici, celles que la traduction anglaise de Richard Mott Gummere (1917–1925) contient aussi.
Sénèque et Épictète sont dans Stoïque+ — 2 passages de cette lettre, chacun avec sa référence ; Marc Aurèle est gratuit dans l’app.