Pensées · Livre XI
Pensées, XI, 16
Chapitre 16 du livre XI des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.
Le passage dans l’app
Nous trouvons dans notre âme le pouvoir de vivre heureux, pourvu que nous sachions être indifférents aux choses indifférentes.
— MARC AURÈLE · PENSÉES, XI, 16
D’après Couat, 1904 — modernisé.
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Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904
Nous trouvons dans notre âme le pouvoir de vivre heureux, pourvu que nous sachions être indifférents aux choses indifférentes. Nous y serons indifférents si nous considérons chacune d’elles à part et dans son ensemble, si nous nous rappelons qu’aucune d’elles ne met en nous l’opinion que nous en avons, ni ne vient vers nous ; elles sont immobiles ; c’est nous qui créons les jugements que nous portons sur elles, et qui les gravons pour ainsi dire en nous-mêmes, quand nous pourrions ne pas le faire, ou, si nous le faisons par mégarde, les effacer [aussitôt]. Rappelons-nous aussi que cette surveillance durera peu et qu’ensuite notre vie sera finie pour jamais. Que peuvent donc les choses avoir de pénible pour nous ? Si elles sont conformes à ta nature, il faut t’en réjouir et les accueillir de bon cœur ; si elles sont contraires à ta nature, cherche ce qui lui est conforme et tâche de l’atteindre, quand même tu n’en recueillerais aucune gloire : il est bien permis à chacun de chercher son bien propre.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-11.txt, l. 74
Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876
L’âme trouve en elle-même le pouvoir de mener la plus noble existence, pourvu qu’elle sache rester indifférente à tout ce qui est indifférent. Elle s’assurera cette sage impassibilité, en considérant chacun des objets qui la peuvent émouvoir, d’abord isolément, puis dans leur relation avec le tout. Elle se rappellera toujours qu’il n’est pas un seul de ces objets qui puisse nous imposer l’idée que nous devons nous en faire, pas un seul qui arrive jusqu’à nous, mais qu’ils demeurent immobiles, et que c’est nous seuls qui produisons les jugements que nous en portons, qui gravons, en quelque sorte, ces jugements en notre esprit, tout en ayant le pouvoir de ne pas les y graver, et qui pouvons aussi les effacer sur-le-champ, si nous reconnaissons que ces jugements se sont, à notre insu, glissés en notre âme. Enfin l’âme doit se dire que cette attention qu’elle a à prendre exige bien peu de temps, et que le reste de la vie sera tranquille. Et, d’ailleurs, qu’y a-t-il donc de si pénible dans cette surveillance de soi ? Si les objets qui se présentent sont conformes à la loi de la nature, jouis-en, et qu’ils te soient légers et faciles. S’ils sont contre la nature, recherche ce qui est pour toi conforme à ta nature propre, et sache t’y attacher, quelque singulier que cela puisse paraître. On est toujours excusable de rechercher son bien personnel, tel qu’on l’entend.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-11.txt, l. 83
En anglais
As to living in the best way, this power is in the soul, if it be indifferent to things which are indifferent. And it will be indifferent, if it looks on each of these things separately and all together, and if it remembers that not one of them produces in us an opinion about itself, nor comes to us; but these things remain immovable, and it is we ourselves who produce the judgments about them, and, as we may say, write them in ourselves, it being in our power not to write them, and it being in our power, if perchance these judgments have imperceptibly got admission to our minds, to wipe them out; and if we remember also that such attention will only be for a short time, and then life will be at an end. Besides, what trouble is there at all in doing this? For if these things are according to nature, rejoice in them and they will be easy to thee: but if contrary to nature, seek what is conformable to thy own nature, and strive towards this, even if it bring no reputation; for every man is allowed to seek his own good.
Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 6561
Comment citer
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- — MARC AURÈLE · PENSÉES, XI, 16
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- — PENSÉES XI, 16
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- XI·16
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