Pensées · Livre XI
Pensées, XI, 13
Chapitre 13 du livre XI des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.
Le passage dans l’app
Quelqu'un me méprise ? C'est son affaire. La mienne : ne rien faire, ne rien dire qui mérite le mépris. Quelqu'un me hait ? C'est son affaire. La mienne : rester bienveillant et dévoué envers tout homme, même envers lui.
— MARC AURÈLE · PENSÉES, XI, 13
D’après Couat, 1904 — modernisé.
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Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904
Quelqu’un me méprisera ? C’est son affaire. Mais moi, je prendrai garde à ne rien faire et à ne rien dire qui mérite le mépris. Quelqu’un me haïra ? C’est son affaire. Mais moi je resterai bienveillant et dévoué pour tout homme, même pour celui-là, prêt à lui indiquer son erreur, sans lui faire de reproches, sans lui faire sentir que je m’efforce de le supporter, mais sincèrement, loyalement, comme en usait le grand Phocion, à moins qu’il ne fît semblant. Tel doit être l’intérieur de notre âme ; il faut que les Dieux n’y voient aucune disposition à s’indigner et à se plaindre. Car quel mal souffres-tu si tu fais maintenant ce qui est conforme à ta nature propre, et si tu reçois ce qui convient en ce moment à la nature universelle, ô homme, qui que tu sois, mis à ce poste pour servir l’intérêt de l’univers ?
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-11.txt, l. 61
Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876
Mais un tel va me mépriser ! — C’est à lui d’y voir. Mais ce que je dois voir personnellement, c’est que l’on ne puisse jamais surprendre de moi un acte ou un mot digne de mépris. — Mais un tel va me haïr ! — C’est à lui d’y voir encore. Ce que je dois voir se réduit, pour ma part, à demeurer tranquille et bienveillant à l’égard de tout le monde, fort disposé, avec celui-là même qui me hait ou me méprise, à lui faire voir son erreur, non pas en l’injuriant, non pas même en lui faisant sentir que je le supporte, mais avec pleine franchise et pour lui être utile, comme le faisait cet excellent Phocion, si toutefois Phocion n’y mettait pas quelque malice. C’est le fond de notre cœur qui doit être dans cette disposition intime, afin qu’aux regards des Dieux l’homme ne montre, ni indignation, ni souffrance. Quel mal, en effet, peut-il y avoir jamais pour toi, quand tu fais toi-même actuellement ce qui convient à ta propre nature, et que tu accueilles avec gratitude ce que la nature universelle trouve opportun de t’envoyer actuellement, homme mis au poste qu’il occupe pour servir toujours l’intérêt de la communauté ?
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-11.txt, l. 71
En anglais
Suppose any man shall despise me. Let him look to that himself. But I will look to this, that I be not discovered doing or saying anything deserving of contempt. Shall any man hate me? Let him look to it. But I will be mild and benevolent towards every man, and ready to show even him his mistake, not reproachfully, nor yet as making a display of my endurance, but nobly and honestly, like the great Phocion, unless indeed he only assumed it. For the interior parts ought to be such, and a man ought to be seen by the gods neither dissatisfied with anything nor complaining. For what evil is it to thee, if thou art now doing what is agreeable to thy own nature, and art satisfied with that which at this moment is suitable to the nature of the universe, since thou art a human being placed at thy post in order that what is for the common advantage may be done in some way?
Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 6524
Comment citer
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- — MARC AURÈLE · PENSÉES, XI, 13
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- — PENSÉES XI, 13
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- XI·13
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