Sénèque · Lettres à Lucilius
Lettre 91
ArgumentSur l’incendie de Lyon, l’instabilité des choses humaines et la mort.
La quatre-vingt-onzième lettre est occasionnée par l’incendie qui a consumé en une nuit la colonie de Lyon, en pleine paix.
L’inattendu accable davantage : il faut prévoir non-seulement l’habituel mais tout le possible, car rien n’est stable chez l’homme privé ni dans l’État, et notre cendre à tous est pareille.
Dans la lettre
Ce n’est pas à tort qu’il est bouleversé : l’inattendu accable davantage, et leur étrangeté augmente le poids des infortunes ; point de mortel chez qui la surprise même n’ajoute à l’affliction.
Aussi n’est-il rien qu’on ne doive prévoir, rien où d’avance on ne doive se placer en esprit ; il faut prévoir non-seulement l’habituel, mais tout le possible.
Ce serait une sorte de consolation pour notre fragilité comme pour celle des choses qui nous touchent, si tout était aussi lent à périr qu’à croître ; mais le progrès veut du temps pour se développer : la chute vient au pas de course.
Rien chez l’homme privé, rien dans l’État n’est stable ; hommes et villes ont leur jour fatal qui s’approche.
Nous sommes égaux devant toutes les souffrances ; nul n’est plus fragile qu’un autre ; nul n’est plus qu’un autre assuré de vivre demain.
Couverture
Nos éditions comptent 29 lettres sur 124 dans la traduction de Joseph Baillard (1861) ; 29 lettres ont une page ici, celles que la traduction anglaise de Richard Mott Gummere (1917–1925) contient aussi.
Sénèque et Épictète sont dans Stoïque+ — 1 passage de cette lettre, avec sa référence ; Marc Aurèle est gratuit dans l’app.