Sénèque · Lettres à Lucilius
Lettre 107
ArgumentSe préparer à toutes les disgrâces. Suivre sans murmurer les ordres de Dieu.
La cent-septième lettre part de la fuite de quelques esclaves et refuse de s’en émouvoir : la vie est une longue carrière où l’on trébuche, où l’on tombe et où l’on enterre des compagnons.
Quoi qu’il arrive, cela devait arriver, et la lettre se clôt sur les vers de Cléanthe, traduits par Sénèque, sur l’obéissance au destin.
Dans la lettre
Tu es sujet, dans la vie, aux mêmes accidents qu’en un bain public, dans une foule, en voyage, les uns prémédités, les autres fortuits.
On affronte plus hardiment le péril contre lequel on s’est longuement aguerri ; et les plus dures atteintes, dès qu’on s’y attend, s’amortissent, comme les plus légères effrayent, si elles sont imprévues.
Imposons à notre âme la résignation, et payons sans gémir les tributs d’un être mortel.
Voilà sur quelle loi il faut nous régler : suivons-la, obéissons-lui : quoi qu’il arrive, pensons que cela devait arriver, et renonçons à quereller la nature.
Il n’est d’âme grande que celle qui s’abandonne à Dieu : c’est aux âmes étroites et dégénérées à tenter la lutte, à calomnier l’ordre de l’univers, à vouloir réformer la Providence, plutôt qu’elles-mêmes.
Couverture
Nos éditions comptent 29 lettres sur 124 dans la traduction de Joseph Baillard (1861) ; 29 lettres ont une page ici, celles que la traduction anglaise de Richard Mott Gummere (1917–1925) contient aussi.
Sénèque et Épictète sont dans Stoïque+ — 1 passage de cette lettre, avec sa référence ; Marc Aurèle est gratuit dans l’app.