Sénèque · Lettres à Lucilius
Lettre 28
ArgumentInutilité des voyages pour guérir l’esprit.
La vingt-huitième lettre explique à Lucilius pourquoi ses voyages n’ont pas dissipé sa tristesse : partout il s’emporte lui-même.
Ce qui compte est celui qui arrive, non le rivage ; il faut d’abord déposer le faix qui pèse, et la pensée finale, prise chez Épicure, fait de l’accusation de soi le début de l’amendement.
Dans la lettre
Tous tes efforts tournent contre toi, et chaque déplacement te nuit : tu secoues un malade.
Le point est de savoir quel tu arriveras, non sur quels bords : et c’est pourquoi notre âme ne doit s’attacher exclusivement à aucun lieu.
Il faut vivre dans cette conviction : « Je ne suis pas né pour un seul coin du globe ; ma patrie c’est le monde entier. »
Mais tu ne voyages pas, tu te fais errant et passif, et d’un lieu tu passes à un autre quand l’objet tant cherché par toi, le bonheur, est placé partout.
Donc, autant que tu pourras, prends-toi sur le fait : informe contre toi-même ; remplis d’abord l’office d’accusateur, puis de juge, enfin d’intercesseur, et sois quelquefois sans pitié.
Couverture
Nos éditions comptent 29 lettres sur 124 dans la traduction de Joseph Baillard (1861) ; 29 lettres ont une page ici, celles que la traduction anglaise de Richard Mott Gummere (1917–1925) contient aussi.
Sénèque et Épictète sont dans Stoïque+ — 2 passages de cette lettre, chacun avec sa référence ; Marc Aurèle est gratuit dans l’app.