Pensées · Livre III
Pensées, III, 7
Chapitre 7 du livre III des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.
Le passage dans l’app
N’estime jamais utile ce qui te forcerait à violer ta parole, à déserter l’honneur, à haïr, à soupçonner, à maudire, à feindre, à désirer ce que tu aurais besoin de cacher derrière des murs ou des rideaux.
— MARC AURÈLE · PENSÉES, III, 7
D’après Couat, 1904 — modernisé.
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Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904
N’honore jamais comme t’étant utile ce qui te forcerait à violer la parole donnée, à déserter l’honneur, à haïr, à soupçonner, à maudire, à feindre, à désirer quoi que ce soit que tu aies besoin de cacher derrière des murs ou des rideaux. Celui qui préfère à tout sa raison, son génie et la célébration des mystères de la vertu de son génie, ne fait pas de tragédie, ne se lamente pas, n’a besoin ni de la solitude ni de la multitude ; il vivra, chose essentielle, sans chercher ni fuir la vie ; peu lui importe que son âme soit plus ou moins longtemps enfermée dans la prison du corps ; faut-il la quitter dès maintenant, il s’en ira sans déchirement, comme s’il accomplissait toute autre action conforme à l’honneur et à la bienséance ; pendant toute sa vie il ne s’est gardé que d’une chose : de s’égarer en des pensées étrangères à l’être raisonnable et sociable.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-03.txt, l. 27
Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876
Ne regarde pas comme pouvant jamais t’être utile rien de ce qui un jour te forcerait peut-être à te parjurer, à perdre ton honneur, à haïr un de tes semblables, à le soupçonner, à le maudire, ou à user de dissimulation, à désirer quelque chose qu’il faille cacher entre des murailles ou sous des voiles. Celui, en effet, qui préfère au monde entier la raison et le génie qu’il porte en lui et les solennels mystères de cette puissance intime, n’a que faire de jouer la tragédie et de pousser des gémissements. Il n’aura besoin ni de la solitude, ni de la foule ; il vivra sans rechercher, ni fuir, la part qui lui est faite. Il ne se préoccupe absolument en rien de savoir s’il jouira pendant plus ou moins de temps de cette existence, où son âme est enveloppée dans son corps. Mais dût-il à l’instant même partir de la vie, il en sort comme s’il s’agissait d’un de ces actes qu’on peut toujours accomplir avec honneur et pleine sécurité, n’ayant qu’un seul souci durant le cours de sa vie entière, celui d’empêcher que jamais sa pensée ne soit dans une disposition indigne d’un être intelligent et fait pour vivre en société.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-03.txt, l. 27
En anglais
Never value anything as profitable to thyself which shall compel thee to break thy promise, to lose thy self-respect, to hate any man, to suspect, to curse, to act the hypocrite, to desire anything which needs walls and curtains: for he who has preferred to everything else his own intelligence and daemon and the worship of its excellence, acts no tragic part, does not groan, will not need either solitude or much company; and, what is chief of all, he will live without either pursuing or flying from death; but whether for a longer or a shorter time he shall have the soul enclosed in the body, he cares not at all: for even if he must depart immediately, he will go as readily as if he were going to do anything else which can be done with decency and order; taking care of this only all through life, that his thoughts turn not away from anything which belongs to an intelligent animal and a member of a civil community.
Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 2862
Comment citer
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- — MARC AURÈLE · PENSÉES, III, 7
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- — PENSÉES III, 7
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- III·7
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