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Stoïque

Pensées · Livre III

Pensées, III, 6

Chapitre 6 du livre III des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.

Le passage dans l’app

Choisis librement et simplement ce qui vaut mieux, et restes-y attaché.

— MARC AURÈLE · PENSÉES, III, 6

D’après Couat, 1904 — modernisé.

Sur les widgets

Choisis librement et simplement ce qui vaut mieux, et restes-y attaché.

— PENSÉES III, 6

Choisis librement et simplement ce qui vaut mieux, et restes-y attaché.

— PENSÉES III, 6

PenséesIII·6

Comme sur l’écran d’accueil et l’écran verrouillé : le passage, puis sa référence, calée en bas. La référence ne quitte jamais la composition, même dans la plus petite famille.

Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904

Si tu trouves dans la vie humaine quelque chose de meilleur que la justice, la vérité, la tempérance, le courage ; quelque chose, en un mot, de meilleur qu’une intelligence assez forte pour se suffire à elle-même, en dirigeant tes actes suivant la raison [droite], et pour te faire accepter la part qui t’est attribuée, sans que tu aies eu à la choisir, par la destinée ; si, dis-je, tu vois quelque chose de meilleur que cela, tourne-toi de ce côté de toute ton âme, et jouis de ce souverain bien que tu auras découvert. Mais si tu n’aperçois rien de meilleur que le génie qui habite en toi, qui a rangé à l’obéissance ses propres penchants, qui fait la critique de ses représentations et s’est arraché, comme disait Socrate, à la passivité de la vie des sens, qui s’est soumis lui-même aux Dieux et qui s’intéresse aux hommes ; si tu trouves tout le reste petit et sans prix à côté de ce génie, ne te laisse jamais incliner ni détourner vers autre chose, ne laisse le champ libre à rien qui puisse te distraire d’honorer avant tout ce bien spécial qui est tien. À ce bien conforme à la raison et au service de la cité, rien d’étranger n’a le droit de faire obstacle, par exemple la louange des hommes, le pouvoir, la richesse, le plaisir : toutes ces jouissances peuvent paraître s’accorder un moment avec lui, mais elles l’asservissent tout à coup et l’égarent. Toi donc, je le répète, choisis librement et simplement ce qui vaut mieux, et restes-y attaché. — Mais ce qui vaut mieux, c’est l’utile. — Au point de vue de l’être raisonnable, oui, l’utile ; et poursuis-le. Mais l’utile au regard de l’animal ? J’attends la preuve, et t’engage à veiller sans orgueil sur ton jugement : tâche seulement de ne point te tromper dans ton examen.

Auguste Couat, 1904 · III, 6

Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-03.txt, l. 23

Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876

Si, dans la vie telle qu’elle est faite à l’homme, tu trouves quelque chose de mieux que la justice, la vérité, la tempérance, le courage, en un mot, que la pleine domination de ta propre pensée, se suffisant à elle-même dans les choses où elle te fait agir selon la droite raison, et se résignant à la part que lui assigne le destin dans les choses qui ne dépendent pas de notre libre arbitre, si, dis-je, tu trouves quelque chose de mieux, tourne-toi de tout ton cœur vers ce trésor ; et jouis du bien incomparable que tu auras su découvrir. Mais si tu ne trouves rien de supérieur au génie qui siége au dedans de toi, qui a soumis à son empire toutes les passions, qui maîtrise toutes les perceptions et qui doit t’arracher à toutes les séductions des sens, comme le dit Socrate, qui obéit docilement aux Dieux et qui se dévoue à l’intérêt des humains ; si auprès de lui tout le reste devient à tes regards petit et mesquin, ne laisse plus de place en ton cœur à nul autre objet qui, en t’attirant et en te faisant dévier, t’enlèverait désormais la force de préférer invariablement à tout le reste ce bien, qui est le bien propre de l’homme et qui n’appartient qu’à toi. En face de ce bien, qui est la règle de l’intelligence et de l’activité, il n’est pas permis de rien mettre en balance de tout ce qui est d’une autre espèce que lui, ni les louanges de la foule, ni le pouvoir, ni les jouissances du plaisir. Tous ces prétendus biens, pour peu qu’ils semblent à peu près d’accord avec celui-là, nous ont bien vite dominés et nous font dévier malgré nous. Prends donc uniquement, te dis-je, et avec pleine liberté, le bien qui vaut le mieux. Diras-tu : Ce bien suprême, c’est l’utile ? Oui, sans doute, si c’est ce qui t’est utile en tant qu’être raisonnable, recherche-le ; mais si c’est ce qui ne peut te servir qu’en tant qu’être animé, n’hésite pas à y renoncer. Garde ton jugement à l’abri de toute vanité ; ne serait-ce que pour te livrer avec le calme nécessaire aux réflexions indispensables.

Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 · III, 6

Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-03.txt, l. 23

En anglais

If thou findest in human life anything better than justice, truth, temperance, fortitude, and, in a word, anything better than thy own mind's self-satisfaction in the things which it enables thee to do according to right reason, and in the condition that is assigned to thee without thy own choice; if, I say, thou seest anything better than this, turn to it with all thy soul, and enjoy that which thou hast found to be the best. But if nothing appears to be better than the Deity which is planted in thee, which has subjected to itself all thy appetites, and carefully examines all the impressions, and, as Socrates said, has detached itself from the persuasions of sense, and has submitted itself to the gods, and cares for mankind; if thou findest everything else smaller and of less value than this, give place to nothing else, for if thou dost once diverge and incline to it, thou wilt no longer without distraction be able to give the preference to that good thing which is thy proper possession and thy own; for it is not right that anything of any other kind, such as praise from the many, or power, or enjoyment of pleasure, should come into competition with that which is rationally and politically or, practically good. All these things, even though they may seem to adapt themselves to the better things in a small degree, obtain the superiority all at once, and carry us away. But do thou, I say, simply and freely choose the better, and hold to it.—But that which is useful is the better.—Well, then, if it is useful to thee as a rational being, keep to it; but if it is only useful to thee as an animal, say so, and maintain thy judgment without arrogance: only take care that thou makest the inquiry by a sure method.

George Long, 1862 · III, 6

Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 2836

Comment citer

La référence canonique nomme le livre et le chapitre : le passage se retrouve dans n’importe quelle édition. L’app la compose sous trois formes :

Forme longue — plein écran et grands widgets
— MARC AURÈLE · PENSÉES, III, 6
Forme courte — petit widget et écran verrouillé
— PENSÉES III, 6
Forme minimale — widget circulaire de l’écran verrouillé
III·6

Ce passage et les 165 autres de Marc Aurèle sont gratuits dans Stoïque, avec leur référence, sur l’écran d’accueil et l’écran verrouillé.

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