Sénèque · Lettres à Lucilius
Lettre 63
ArgumentNe point s’affliger sans mesure de la perte de ses amis.
La soixante-troisième lettre console Lucilius de la mort de son ami Flaccus sans lui interdire les larmes, pourvu qu’elles ne coulent pas avec excès.
Le souvenir des amis perdus peut devenir doux, d’autres amis restent à se faire, et Sénèque avoue avoir lui-même pleuré sans mesure Annæus Sérénus.
Dans la lettre
Tu es chagrin de la mort de Flaccus ton ami ; mais je ne voudrais pas t’en voir affecté plus qu’il ne convient.
Nos yeux ne doivent ni demeurer secs à la perte d’un ami, ni s’épuiser de larmes ; il faut pleurer, mais non se fondre de douleur.
Appliquons-nous à trouver des charmes au souvenir de nos amis perdus ; car on n’aime pas à revenir sur une pensée constamment douloureuse.
Jouissons pleinement de nos amis : qui sait pour combien de temps ils nous sont laissés ?
Mieux vaut renoncer à ton chagrin que d’attendre qu’il renonce à toi ; sèche donc au plus tôt des larmes qui, lors même que tu le voudrais, ne peuvent longtemps couler.
Couverture
Nos éditions comptent 29 lettres sur 124 dans la traduction de Joseph Baillard (1861) ; 29 lettres ont une page ici, celles que la traduction anglaise de Richard Mott Gummere (1917–1925) contient aussi.
Sénèque et Épictète sont dans Stoïque+ — 3 passages de cette lettre, chacun avec sa référence ; Marc Aurèle est gratuit dans l’app.