Sénèque · Lettres à Lucilius
Lettre 61
ArgumentSe corriger, se soumettre à la nécessité.
La soixante-et-unième lettre est écrite dans l’esprit d’un homme que la mort peut appeler à l’instant même : avant d’être vieux Sénèque a songé à bien vivre, vieux il songe à bien mourir.
La nécessité n’en est plus une pour qui consent, et vivre assez ne dépend ni des ans ni des jours, mais de l’âme.
Dans la lettre
Prêt à partir, je jouis mieux de la vie, vu que son plus ou moins de durée ne m’est d’aucun prix.
Avant d’être vieux j’ai songé à bien vivre, et dans ma vieillesse à bien mourir ; or bien mourir, c’est mourir sans regret.
Tout ce qui doit être, doit être une nécessité pour qui résiste : pour qui consent, la nécessité n’est pas.
Ce n’est pas d’exécuter un ordre qu’on est malheureux, c’est de l’exécuter à contre-cœur.
Quant à vivre assez, les ans ni les jours n’y font rien ; ce qui fait tout ici c'est l'âme.
Couverture
Nos éditions comptent 29 lettres sur 124 dans la traduction de Joseph Baillard (1861) ; 29 lettres ont une page ici, celles que la traduction anglaise de Richard Mott Gummere (1917–1925) contient aussi.
Sénèque et Épictète sont dans Stoïque+ — 1 passage de cette lettre, avec sa référence ; Marc Aurèle est gratuit dans l’app.