Pensées · Livre II
Pensées, II, 14
Chapitre 14 du livre II des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.
Le passage dans l’app
Quand tu devrais vivre trois mille ans, et autant de fois dix mille, rappelle-toi ceci : nul ne perd d’autre vie que celle qu’il est en train de vivre, ni n’en vit d’autre que celle qu’il perd.
— MARC AURÈLE · PENSÉES, II, 14
D’après Couat, 1904 — modernisé.
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Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904
Quand même tu devrais vivre trois [fois] mille ans ; et autant de fois dix mille, rappelle-toi cependant ceci : personne ne perd que le moment de vie qu’il est en train de vivre, et n’en vit un autre que celui qu’il perd. L’existence la plus longue en est donc au même point que la plus courte. Le présent est égal pour tous, donc le moment qui passe est égal pour tous, et par suite ce que nous perdons nous apparaît comme imperceptible. Nul ne peut, en effet, perdre ni le passé ni l’avenir ; qui lui enlèverait ce qu’il ne possède pas ? Rappelle-toi donc ces deux points : d’abord, les choses, de toute éternité, sont pareilles et tournent dans le même cercle. Qu’importe donc de voir les mêmes choses pendant cent ans ou deux cents, ou pendant un temps infini ? En second lieu, l’homme qui jouit de la plus grande longévité et celui qui est condamné à la mort la plus prompte perdent une durée égale. Le moment présent est le seul, en effet, dont l’un et l’autre puissent être privés, car c’est le seul qu’ils possèdent, et ce que l’on ne possède point, on ne peut pas le perdre.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-02.txt, l. 114
Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876
Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l’on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu’on vit ici-bas, et qu’on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu’on perd. À cet égard, la plus longue vie en est tout à fait au même point que la plus courte. Pour tout le monde, le présent, le moment actuel est égal, bien que le passé qu’on laisse en arrière puisse être très-inégal. Ainsi, ce qu’on perd n’est évidemment qu’un instant imperceptible. On ne peut perdre d’aucune façon ni le passé ni l’avenir ; car une chose que nous ne possédons pas, comment pourrait-on nous la ravir ? Voici donc deux considérations qu’il ne faut jamais perdre de vue : la première, que tout en ce monde roule éternellement dans le même cercle, et qu’il n’y a pas la moindre différence à voir toujours des choses pareilles, ou cent ans de suite, ou deux cents ans, et même pendant la durée infinie ; la seconde, que celui qui aie plus vécu et celui qui aura dû mourir le plus prématurément font exactement la même perte ; car ce n’est jamais que du présent qu’on peut être dépouillé, puisqu’il n’y a que le présent seul qu’on possède, et qu’on ne peut pas perdre ce qu’on n’a point.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-02.txt, l. 55
En anglais
Though thou shouldest be going to live three thousand years and as many times ten thousand years, still remember that no man loses any other life than this which he now lives, nor lives any other than this which he now loses. The longest and shortest are thus brought to the same. For the present is the same to all, though that which perish is not the same;+ and so that which is lost appears to be a mere moment. For a man cannot lose either the past or the future: for what a man has not, how can any one take this from him? These two things then thou must bear in mind; the one, that all things from eternity are of like forms and come round in a circle, and that it makes no difference whether a man shall see the same things during a hundred years, or two hundred, or an infinite time; and the second, that the longest liver and he who will die soonest lose just the same. For the present is the only thing of which a man can be deprived, if it is true that this is the only thing which he has, and that a man cannot lose a thing if he has it not.
Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 2654
Comment citer
La référence canonique nomme le livre et le chapitre : le passage se retrouve dans n’importe quelle édition. L’app la compose sous trois formes :
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- — MARC AURÈLE · PENSÉES, II, 14
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- — PENSÉES II, 14
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- II·14
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