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Stoïque

Pensées · Livre X

Pensées, X, 36

Chapitre 36 du livre X des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.

Le passage dans l’app

Personne n’est assez fortuné pour qu’à sa mort aucun des assistants ne se réjouisse de son malheur.

— MARC AURÈLE · PENSÉES, X, 36

D’après Couat, 1904 — modernisé.

Sur les widgets

Personne n’est assez fortuné pour qu’à sa mort aucun des assistants ne se réjouisse de son malheur.

— PENSÉES X, 36

PenséesX·36

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Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904

Personne n’est assez fortuné pour qu’à sa mort aucun des assistants ne se réjouisse de son malheur. S’agit-il d’un homme vertueux et sage ? Il se trouvera bien quelqu’un au dernier moment pour se dire à soi-même : « Nous allons enfin respirer, délivrés de ce pédagogue. Sans doute, il n’était méchant pour aucun de nous, mais je sentais que dans son for intérieur il nous condamnait. » Voilà donc ce que l’on dira de l’homme vertueux. Mais nous, pour combien d’autres raisons beaucoup de gens ne désireraient-ils pas être délivrés par notre mort ? Tu feras ces réflexions à tes derniers moments, et tu t’en iras plus tranquille en te disant : « Voilà donc la vie que j’abandonne ; mes compagnons eux-mêmes, pour qui je me suis donné tant de peines, tant de soucis, pour qui j’ai formé tant de vœux, veulent me mettre dehors, espérant que mon départ sera peut-être pour eux une sorte de soulagement. » Pourquoi donc s’obstinerait-on à demeurer ici plus longtemps ? Néanmoins, que cela ne t’empêche pas de partir avec les mêmes sentiments de bienveillance pour eux tous ; sois fidèle à tes habitudes d’attachement, d’indulgence, de bonté. N’aie pas l’air non plus de t’arracher d’eux péniblement ; sépare-t’en comme l’âme, dans une mort heureuse et facile, se dégage du corps. La nature m’avait uni et attaché à eux, maintenant elle brise ce lien ; qu’il soit donc brisé ; je les quitte comme des amis, mais sans violence, sans déchirement ; car cette séparation elle aussi est une loi de nature.

Auguste Couat, 1904 · X, 36

Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-10.txt, l. 143

Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876

Il n’est personne qui soit assez heureux pour n’avoir point auprès de soi, quand il meurt, des gens prêts à prendre assez tranquillement le mal qui lui arrive. « Sans doute, c’était un honnête homme, diront-ils ; c’était un sage. » Mais n’y aura-t-il pas aussi quelqu’un pour se dire, en fin de compte, et à part lui : « Nous voilà donc délivrés de ce pédagogue ; respirons enfin. Certes, il n’était méchant pour personne de nous ; mais je sentais bien qu’au fond du cœur il nous désapprouvait ? » Voilà ce qu’on dit d’un honnête homme. Mais, nous autres, combien de motifs ne fournissons-nous pas à ceux qui, en grand nombre, voudraient être débarrassés de nous ? C’est là ce qu’on doit penser à son lit de mort, et la réflexion suivante te fera quitter la vie plus aisément : « Je sors de cette vie, où même mes associés de route, pour qui j’ai tant lutté, fait tant de vœux, pris tant de peine, désirent, malgré tout cela, que je m’en aille, espérant que ma mort leur procurera peut-être une facilité quelconque de plus ». Quel motif pourrait donc nous faire souhaiter de demeurer plus longtemps ici-bas ? Toutefois ne va pas, en partant, montrer moins de bienveillance pour eux ; conserve à leur égard ton caractère habituel ; reste affectueux, indulgent, doux, et ne semble pas avoir l’air d’être éconduit. Mais de même que, quand on a une mort facile, l’âme s’exhale aisément du corps, de même il faut que tu prennes congé de tes semblables avec une inaltérable sérénité. Car c’est la nature qui avait formé ton lien avec eux et qui le rompra. Mais voici qu’elle le rompt. Eh bien, je me sépare d’amis qui me sont chers, sans qu’on ait besoin de m’arracher d’au milieu d’eux, et sans qu’il faille me faire violence ; car cette séparation même est une chose qui n’a rien que de conforme à la nature.

Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 · X, 36

Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-10.txt, l. 176

En anglais

There is no man so fortunate that there shall not be by him when he is dying some who are pleased with what is going to happen. Suppose that he was a good and wise man, will there not be at least some one to say to himself, Let us at last breathe freely, being relieved from this schoolmaster? It is true that he was harsh to none of us, but I perceived that he tacitly condemns us.—This is what is said of a good man. But in our own case how many other things are there for which there are many who wish to get rid of us? Thou wilt consider this, then, when thou art dying, and thou wilt depart more contentedly by reflecting thus: I am going away from such a life, in which even my associates in behalf of whom I have striven so much, prayed, and cared, themselves wish me to depart, hoping perchance to get some little advantage by it. Why then should a man cling to a longer stay here? Do not, however, for this reason go away less kindly disposed to them, but preserving thy own character, and friendly and benevolent and mild, and on the other hand not as if thou wast torn away; but as when a man dies a quiet death, the poor soul is easily separated from the body, such also ought thy departure from men to be, for nature united thee to them and associated thee. But does she now dissolve the union? Well, I am separated as from kinsmen, not however dragged resisting, but without compulsion; for this, too, is one of the things according to nature.

George Long, 1862 · X, 36

Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 6331

Comment citer

La référence canonique nomme le livre et le chapitre : le passage se retrouve dans n’importe quelle édition. L’app la compose sous trois formes :

Forme longue — plein écran et grands widgets
— MARC AURÈLE · PENSÉES, X, 36
Forme courte — petit widget et écran verrouillé
— PENSÉES X, 36
Forme minimale — widget circulaire de l’écran verrouillé
X·36

Ce passage et les 165 autres de Marc Aurèle sont gratuits dans Stoïque, avec leur référence, sur l’écran d’accueil et l’écran verrouillé.

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