Marc Aurèle · Pensées
Pensées, livre I
1 passage de ce livre dans Stoïque, avec sa référence.
Le livre I est une liste de dettes, non de préceptes. Seize de ses dix-sept chapitres commencent par un nom et par ce que Marc Aurèle dit tenir de cette personne : l’honnêteté et la patience de son grand-père Vérus, la modestie et la fermeté de son père, la piété et la frugalité de sa mère, les leçons de bons maîtres à domicile voulues par son bisaïeul. Viennent ensuite les philosophes et les amis : Diognète, Rusticus, qui lui a prêté les Commentaires d’Épictète tirés de sa bibliothèque, Apollonius (Pensées, I, 8), Sextus, les deux Alexandre, Fronton, Catulus, son frère Sévérus, Maximus.
Le chapitre 16, le plus long, est le portrait de son père adoptif Antonin, trait par trait, jusqu’au vêtement de Lorium et à la manière d’examiner chaque chose séparément, comme à loisir. Le chapitre 17 s’adresse aux Dieux et clôt le compte. Dans le texte de Couat, 1904, le livre se termine par la mention « Écrit chez les Quades, sur les bords du Granua ».
Les passages de ce livre dans l’app
D’Apollonius : des jugements libres, nets et réfléchis ; ne jamais regarder, si peu que ce soit, à autre chose qu’à la raison ; rester le même au milieu des douleurs les plus vives, devant la perte d’un enfant, dans les grandes maladies.
d’après Couat, 1904
Trois chapitres de ce livre, dans l’édition Couat de 1904
L’app donne moins de quatre passages de ce livre ; trois de ses chapitres sont donc reproduits ici tels que l’édition les imprime, mot pour mot.
Rusticus m’a fait comprendre que j’avais besoin de redresser et de former mon caractère ; il m’a appris à ne pas me laisser entraîner à l’imitation de la propagande des sophistes, à ne pas écrire sur les sciences, à ne pas composer des exhortations dialoguées, à ne pas essayer de frapper l’imagination en affectant une activité intempérante ; il m’a détourné de la rhétorique, de la composition poétique, du bel esprit ; il m’a enseigné à ne pas me promener dans ma maison vêtu d’une longue robe, et à dédaigner toute ostentation de ce genre ; à écrire des lettres simples, comme celle qu’il écrivit lui-même de Sinuessa à ma mère ; à me montrer facile et prêt à une réconciliation avec ceux qui, après m’avoir offensé, manifestaient l’intention de revenir à moi ; à lire de très près et à ne pas me contenter d’un examen sommaire ; à ne pas acquiescer trop vite à l’opinion de ceux qui parlent beaucoup ; c’est à lui, enfin, que je dois d’avoir eu dans les mains les Commentaires d’Épictète, qu’il avait dans sa bibliothèque, et qu’il m’a prêtés.
De Sextus j’ai appris la bienveillance ; il m’a donné l’exemple d’une maison administrée paternellement et la notion d’une vie conforme à la nature ; il m’a montré la gravité sans fard, l’attention vigilante aux intérêts de ses amis, la patience à supporter les ignorants et ceux qui opinent sans examen. Son humeur était égale avec tous, au point qu’aucune flatterie n’avait la douceur de sa conversation, et que ceux qui en jouissaient n’avaient jamais plus de respect pour lui qu’à ce moment-là. Avec une intelligence compréhensive et méthodique, il découvrait et classait les principes nécessaires à la conduite de la vie ; il ne laissait jamais paraître ni colère ni aucune autre passion, étant à la fois très impassible et très tendre ; il aimait qu’on parlât bien de lui, mais sans faire de bruit ; il avait de l’érudition sans en faire étalage.
Maximus m’a montré comment on est maître de soi-même, sans que rien puisse nous faire changer ; il m’a enseigné la fermeté dans toutes les circonstances pénibles et particulièrement dans les maladies ; la modération, la douceur et la dignité du caractère, la bonne humeur dans l’accomplissement du travail de chaque jour. Tout le monde était persuadé que sa parole exprimait toujours sa pensée, et que ce qu’il faisait était bien fait ; il ne s’étonnait de rien, [ne se troublait pas], n’avait jamais ni précipitation, ni indolence, ni embarras ; il ne se laissait pas abattre, ne montrait pas un visage tour à tour jovial, ou irrité et défiant ; il était bienfaisant, pitoyable et sincère ; on voyait en lui une droiture naturelle et non apprise. Jamais personne n’aurait craint d’être méprisé par lui ni n’aurait osé se supposer supérieur à lui ; il avait, enfin, de l’enjouement et de la grâce.
Le livre en chiffres
- Chapitres dans l’édition Couat de 1904
- 17
- Passages de ce livre dans l’app
- 1
- Passages de Marc Aurèle dans l’app
- 166
- Éditions citées sur cette page
- Auguste Couat, 1904 · Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876
Les chapitres de ce livre dans l’app
Chaque référence nomme le livre et le chapitre, comme l’app l’imprime sous le passage.
Le passage du livre I et les 165 autres passages de Marc Aurèle sont gratuits dans Stoïque, avec leur référence, sur l’écran d’accueil et l’écran verrouillé.