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Stoïque

Pensées · Livre X

Pensées, X, 33

Chapitre 33 du livre X des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.

Le passage dans l’app

Telle matière nous étant donnée, qu’est-il possible de dire ou de faire de plus raisonnable ? Quoi que ce soit, tu peux le faire ou le dire. Ne donne pas pour prétexte que tu en es empêché.

— MARC AURÈLE · PENSÉES, X, 33

D’après Couat, 1904 — modernisé.

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PenséesX·33

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Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904

Telle matière nous étant donnée, qu’est-il possible de dire ou de faire de plus raisonnable ? Quoi que ce soit, tu peux le faire ou le dire. Ne donne pas pour prétexte que tu en es empêché. Tant que tu ne feras pas, avec la matière qui t’est fournie et qui tombe sous ton action, ce qui convient à ta constitution d’homme ; tant que tu ne seras pas aussi sensible à ce plaisir que l’homme efféminé est sensible à la volupté, tu ne cesseras point de gémir. Il faut considérer comme une jouissance toute action possible conforme à notre nature propre. Or, ces actions sont possibles en toute circonstance. Un cylindre ne peut pas toujours se mouvoir de son mouvement propre, pas plus que l’eau, le feu et les autres corps gouvernés par une nature ou une âme dépourvue de raison ; ils trouvent beaucoup d’obstacles et d’entraves. Mais l’esprit et la raison peuvent poursuivre leur marche à travers toutes les difficultés, suivant leur nature et leur volonté. Persuadé de cette facilité avec laquelle ta raison peut se porter partout, comme le feu s’élève dans l’air, comme la pierre tombe, comme le cylindre roule sur une pente, ne demande rien de plus. Les autres obstacles ou bien ne sont que pour le corps, ce cadavre ; ou bien, si notre jugement et notre raison ne se relâchent point, ils ne blessent pas, ils ne font aucun mal : si l’on en souffrait, on serait par là même avili. Tout [malencontreux] accident qui arrive à un autre être ou à un autre objet quelconque enlève de sa valeur à ce qui le subit ; l’homme, au contraire, s’il est permis de le dire, vaut davantage et mérite plus de louanges quand il sait tirer parti de toutes les difficultés. En un mot, souviens-toi que rien de ce qui ne nuit pas à la cité universelle ne nuit au citoyen, et que ce qui ne nuit pas à la loi ne nuit pas à la cité ; or, aucun de ces incidents que l’on impute à la mauvaise chance ne nuit à la loi. Ne nuisant pas à la loi, il ne nuit donc ni à la cité ni au citoyen.

Auguste Couat, 1904 · X, 33

Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-10.txt, l. 131

Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876

Sur une question donnée, qu’y a-t-il de mieux à faire ou à dire, dans la mesure du possible ? Quelle que soit cette question, il t’est toujours permis de faire ou de dire ce qu’il y a de mieux. Et ne va pas alléguer pour excuse que tu en es empêché. Tu ne cesseras de te plaindre que quand, aussi ardent que les amis du plaisir le sont dans leurs jouissances, tu sauras accomplir tout ce que comporte la constitution de l’homme, dans la question qui se présente et qu’il faut résoudre ; car tout être doit regarder comme une jouissance véritable de faire ce que permet sa nature propre. Or, toujours et partout, il est possible de s’y conformer. Ainsi, une boule ne peut pas toujours et partout obéir au mouvement qui lui est propre ; le mouvement propre n’est pas non plus toujours possible pour l’eau, le feu, et tant d’autres choses, qui n’obéissent qu’à la nature, ou pour une âme qui n’est pas douée de raison, attendu qu’il peut y avoir une foule d’obstacles qui les empêchent et les arrêtent. Mais l’intelligence et la raison peuvent toujours se frayer leur route à travers tous les obstacles, selon leur nature et dans la plénitude de leur volonté.

Si tu te mets bien devant les yeux cette facilité merveilleuse que possède la raison de passer au travers de tout, comme le feu monte en haut, comme la pierre descend en bas, comme l’objet rond roule sur un plan incliné, ne recherche dès lors rien de plus ; car tous ces obstacles, qui ne regardent que le corps et notre cadavre, et qui sont en dehors de notre volonté et du domaine de la raison même, n’ont pas le don de nous blesser ; ils ne nous font absolument aucun mal, puisque, dans ce cas, l’être qui en serait vraiment atteint, devrait périr à l’instant même. Il est bien vrai que, dans les autres combinaisons de choses, quand il survient un mal quelconque, ce mal empire la condition de l’être qui en est atteint ; mais ici, au contraire, il faut bien se dire que l’homme n’en devient que meilleur et d’autant plus louable, quand il fait bon usage des épreuves qu’il subit. Souviens-toi donc toujours que le véritable et naturel citoyen ne souffre jamais de ce qui ne fait pas souffrir la cité, et que la cité même n’éprouve aucun dommage quand la loi n’en éprouve point. Or, dans ces prétendus revers, il n’y a rien qui blesse la loi ; et, dès lors, ce qui ne blesse point la loi ne blesse point non plus, ni la cité, ni le citoyen.

Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 · X, 33

Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-10.txt, l. 148

En anglais

What is that which as to this material our life can be done or said in the way most conformable to reason? For whatever this may be, it is in thy power to do it or to say it, and do not make excuses that thou art hindered. Thou wilt not cease to lament till thy mind is in such a condition that what luxury is to those who enjoy pleasure, such shall be to thee, in the matter which is subjected and presented to thee, the doing of the things which are conformable to man's constitution; for a man ought to consider as an enjoyment everything which it is in his power to do according to his own nature. And it is in his power everywhere. Now, it is not given to a cylinder to move everywhere by its own motion, nor yet to water nor to fire, nor to anything else which is governed by nature or an irrational soul, for the things which check them and stand in the way are many. But intelligence and reason are able to go through everything that opposes them, and in such manner as they are formed by nature and as they choose. Place before thy eyes this facility with which the reason will be carried through all things, as fire upwards, as a stone downwards, as a cylinder down an inclined surface, and seek for nothing further. For all other obstacles either affect the body only, which is a dead thing; or, except through opinion and the yielding of the reason itself, they do not crush nor do any harm of any kind; for if they did, he who felt it would immediately become bad. Now, in the case of all things which have a certain constitution, whatever harm may happen to any of them, that which is so affected becomes consequently worse; but in the like case, a man becomes both better, if one may say so, and more worthy of praise by making a right use of these accidents. And finally remember that nothing harms him who is really a citizen, which does not harm the state; nor yet does anything harm the state, which does not harm law order; and of these things which are called misfortunes not one harms law. What then does not harm law does not harm either state or citizen.

George Long, 1862 · X, 33

Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 6270

Comment citer

La référence canonique nomme le livre et le chapitre : le passage se retrouve dans n’importe quelle édition. L’app la compose sous trois formes :

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— MARC AURÈLE · PENSÉES, X, 33
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— PENSÉES X, 33
Forme minimale — widget circulaire de l’écran verrouillé
X·33

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