Pensées · Livre X
Pensées, X, 31
Chapitre 31 du livre X des Pensées. D’abord le passage tel que Stoïque le donne, modernisé d’après les éditions créditées sous la carte ; puis le chapitre entier, mot pour mot, dans l’édition Couat, 1904 et dans celle de Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 ; enfin le même chapitre en anglais.
Le passage dans l’app
Ne te suffit-il donc pas de parcourir décemment cette courte existence ?
— MARC AURÈLE · PENSÉES, X, 31
D’après Couat, 1904 — modernisé.
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Ne te suffit-il donc pas de parcourir décemment cette courte existence ?
— PENSÉES X, 31
Ne te suffit-il donc pas de parcourir décemment cette courte existence ?
— PENSÉES X, 31
Comme sur l’écran d’accueil et l’écran verrouillé : le passage, puis sa référence, calée en bas. La référence ne quitte jamais la composition, même dans la plus petite famille.
Le chapitre entier dans l’édition Couat, 1904
Quand tu vois Satyrion, imagine-toi un Socratique, Eutychès ou Eumène ; quand tu vois Euphrate, imagine-toi Eulychion ou Silvanus ; quand tu vois Alciphron, imagine-toi Tropéophore ; en voyant Xénophon, pense à Criton ou à Sévérus ; en te considérant toi-même, figure-toi quelqu’un des Césars, et, à propos de chaque personne, celle à qui elle ressemble. Que cette réflexion te vienne ensuite à l’esprit : Où sont-ils ? Nulle part, ou n’importe où. En t’appliquant à regarder ainsi les choses humaines, tu verras qu’elles ne sont qu’une fumée, un rien, surtout si tu te rappelles que ce qui a une fois changé ne reparaîtra plus dans la durée infinie. Pourquoi donc te tourmenter ? Ne te suffit-il donc pas de parcourir décemment cette courte existence ? Quelle matière, quel sujet de réflexion tu laisses échapper ! Qu’est-ce, en effet, que tout cela, sinon une occasion d’exercer notre raison par l’examen attentif et philosophique de la vie ? Tiens donc bon jusqu’à ce que tu te sois pénétré de toutes ces vérités, de même qu’un estomac robuste s’assimile tous les aliments et qu’un feu brillant transforme en flamme et en clarté tout ce qu’on y jette.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-10.txt, l. 123
Le chapitre entier dans l’édition Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876
Quand tu vois Satyron, pense à un philosophe socratique, ou à Eutychès, ou à Hymen ; quand tu vois Euphrate, pense à Eutychion, à Silvanus ; quand c’est Alciphron, pense à Tropæophore ; en voyant Xénophon, pense à Criton ou à Sévérus ; enfin, en regardant à toi-même, reporte ta pensée sur un des Césars. En un mot, dans chaque cas qui se présente, fais une comparaison analogue. Puis adresse-toi cette question : « Et tous ceux-là, où sont-ils ? Nulle part, en ce monde ; ou bien, ils sont n’importe où. » En te mettant sans cesse à ce point de vue, tu comprendras que les choses humaines ne sont que fumée et que néant. Tu en seras surtout convaincu, si tu te rappelles en même temps que l’être qui a une fois changé et disparu ne redeviendra jamais ce qu’il a été, dans toute la durée du temps infini. Et toi, dans combien de temps vas-tu changer aussi ? Est-ce qu’il ne te suffit pas d’avoir fourni comme il convient cette courte carrière ? Quelle réalité, quelle chimère peux-tu craindre et fuir encore ? Qu’est-ce, en effet, que tout cela, si ce n’est une suite d’exercices pour la raison, appréciant nettement, et par l’étude exacte de la nature, ce que valent les choses de la vie ? Arrives-en donc avec persévérance à t’assimiler ainsi ces vérités, de même qu’un estomac robuste s’assimile tous les aliments, de même qu’un feu qui brille convertit en flamme et en lumière éclatante tout ce qu’on y jette.
Source : Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-10.txt, l. 140
En anglais
When thou hast seen Satyron the Socratic,+ think of either Eutyches or Hymen, and when thou hast seen Euphrates, think of Eutychion or Silvanus, and when thou hast seen Alciphron think of Tropaeophorus, and when thou hast seen Xenophon, think of Crito or Severus, and when thou hast looked on thyself, think of any other Caesar, and in the case of every one do in like manner. Then let this thought be in thy mind, Where then are those men? Nowhere, or nobody knows where. For thus continuously thou wilt look at human things as smoke and nothing at all; especially if thou reflectest at the same time that what has once changed will never exist again in the infinite duration of time. But thou, in what a brief space of time is thy existence? And why art thou not content to pass through this short time in an orderly way? What matter and opportunity for thy activity art thou avoiding? For what else are all these things, except exercises for the reason, when it has viewed carefully and by examination into their nature the things which happen in life? Persevere then until thou shalt have made these things thy own, as the stomach which is strengthened makes all things its own, as the blazing fire makes flame and brightness out of everything that is thrown into it.
Source : Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 6229
Comment citer
La référence canonique nomme le livre et le chapitre : le passage se retrouve dans n’importe quelle édition. L’app la compose sous trois formes :
- Forme longue — plein écran et grands widgets
- — MARC AURÈLE · PENSÉES, X, 31
- Forme courte — petit widget et écran verrouillé
- — PENSÉES X, 31
- Forme minimale — widget circulaire de l’écran verrouillé
- X·31
Ce passage et les 165 autres de Marc Aurèle sont gratuits dans Stoïque, avec leur référence, sur l’écran d’accueil et l’écran verrouillé.