Skip to content
Stoïque

Meditations · Book IX

Meditations, IX, 42

Chapter 42 of Book IX of the Meditations. First the passage as Stoïque shows it, after Long, 1862; then the whole chapter, word for word, in that edition, and the same chapter in French.

The passage in the app

When someone's shameless conduct offends you, ask yourself at once: is it possible for there to be no shameless people in the world? It is not. Then do not demand the impossible. This man too is one of the shameless people who must exist.

— MARCUS AURELIUS · MEDITATIONS, IX, 42

After Long, 1862 — modernized.

On the widgets

MeditationsIX·42

Not every widget family holds a passage this long. The app never cuts one: where it does not fit, a shorter passage takes its place, with its reference. The circular widget carries the locator alone.

The whole chapter in Long’s 1862 edition

When thou art offended with any man's shameless conduct, immediately ask thyself, Is it possible, then, that shameless men should not be in the world? It is not possible. Do not, then, require what is impossible. For this man also is one of those shameless men who must of necessity be in the world. Let the same considerations be present to thy mind in the case of the knave, and the faithless man, and of every man who does wrong in any way. For at the same time that thou dost remind thyself that it is impossible that such kind of men should not exist, thou wilt become more kindly disposed towards every one individually. It is useful to perceive this, too, immediately when the occasion arises, what virtue nature has given to man to oppose to every wrongful act. For she has given to man, as an antidote against the stupid man, mildness, and against another kind of man some other power. And in all cases it is possible for thee to correct by teaching the man who is gone astray; for every man who errs misses his object and is gone astray. Besides, wherein hast thou been injured? For thou wilt find that no one among those against whom thou art irritated has done anything by which thy mind could be made worse; but that which is evil to thee and harmful has its foundation only in the mind. And what harm is done or what is there strange, if the man who has not been instructed does the acts of an uninstructed man? Consider whether thou shouldst not rather blame thyself, because thou didst not expect such a man to err in such a way. For thou hadst means given thee by thy reason to suppose that it was likely that he would commit this error, and yet thou hast forgotten and art amazed that he has erred. But most of all when thou blamest a man as faithless or ungrateful, turn to thyself. For the fault is manifestly thy own, whether thou didst trust that a man who had such a disposition would keep his promise, or when conferring thy kindness thou didst not confer it absolutely, nor yet in such way as to have received from thy very act all the profit. For what more dost thou want when thou hast done a man a service? art thou not content that thou hast done something conformable to thy nature, and dost thou seek to be paid for it? just as if the eye demanded a recompense for seeing, or the feet for walking. For as these members are formed for a particular purpose, and by working according to their several constitutions obtain what is their own; so also as man is formed by nature to acts of benevolence, when he has done anything benevolent or in any other way conducive to the common interest, he has acted conformably to his constitution, and he gets what is his own.

George Long, 1862 · IX, 42

Source: Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 5818

In French

Lorsque tu t’es heurté à l’impudence d’un homme, demande-toi immédiatement : est-il possible qu’il n’y ait pas d’impudents dans le monde ? Ce n’est pas possible. Ne demande donc pas l’impossible. Cet homme est, en effet, un de ces impudents qui existent nécessairement dans le monde. Fais-toi le même raisonnement à propos des scélérats, des traîtres et de toutes les espèces de gens vicieux. En te rappelant qu’il est impossible que de telles gens n’existent pas, tu seras plus bienveillant pour chacun d’eux. Il est bon aussi de te demander immédiatement quelle vertu la nature a donnée à l’homme contre tel vice. Elle lui a donné, en effet, comme contre-poison, la douceur contre l’ingratitude, et contre chaque autre vice une vertu particulière. Enfin, tu peux instruire et ramener dans le droit chemin celui qui s’en est écarté, car toute faute égare l’homme et l’éloigne du but de la vie. D’ailleurs, as-tu éprouvé un dommage ? Mais aucun de ceux contre qui tu t’irrites n’a jamais rien fait de tel que ta pensée en valût moins ; or, c’est en cela seulement que consiste tout mal, tout dommage. Qu’y a-t-il donc de mauvais et d’étrange pour toi à ce que l’ignorant agisse en ignorant ? Vois plutôt si tu ne devrais pas te reprocher à toi-même de n’avoir pas prévu qu’un tel homme commettrait une telle faute. La raison t’avait donné le moyen de comprendre que [vraisemblablement] cet homme commettrait cette faute, mais tu l’as oublié et tu t’étonnes qu’il l’ait commise. C’est surtout lorsque tu reproches à quelqu’un son ingratitude ou son manque de foi qu’il faut faire ce retour sur toi-même. C’est évidemment ta faute ou d’avoir cru qu’un homme doué d’un tel caractère garderait sa foi, ou, en lui rendant service, de l’avoir fait incomplètement et sans penser recueillir immédiatement par ton action elle-même [tout] le fruit du bienfait. Que veux-tu de plus quand tu fais du bien à un homme ? Ne te suffit-il pas d’avoir agi conformément à ta nature, et cherches-tu à en tirer un salaire ? C’est comme si l’œil voulait être récompensé d’y voir et les pieds de marcher. De même que ces organes ont été créés pour une certaine fonction, et qu’en la remplissant selon leur constitution [propre], ils reçoivent tout ce qui leur revient, de même l’homme né bienfaisant, quand il rend un service, quand il vient en aide aux autres pour des choses en elles-mêmes indifférentes, ne fait qu’accomplir sa fonction naturelle, et il a tout ce qui lui est dû.

Auguste Couat, 1904 · IX, 42

Source: Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-09.txt, l. 173

Quand quelqu’un te choque par son impudence, demande-toi sur-le-champ : « Se peut-il qu’il n’y ait pas d’impudents dans le monde ? » Non, cela ne se peut pas. Ainsi donc, ne cours pas après l’impossible ; car cet homme qui te choque est un de ces impudents dont l’existence est inévitable dans le monde où nous sommes. Aie toujours la même réflexion présente s’il s’agit d’un malfaiteur, d’un perfide, ou de quelqu’un qui s’est rendu coupable de toute autre faute. En te disant qu’il est impossible que cette sorte de gens n’existe pas dans la société, tu te sentiras plus de tolérance envers chacun d’eux en particulier.

En même temps, tu feras bien aussi de penser à la vertu spéciale que la nature permet à l’homme en opposition avec le vice qui te blesse. Ainsi, contre l’ingrat, elle nous a permis la douceur, et telle autre vertu contre tel autre genre de faute. Toujours il t’est loisible d’offrir tes conseils et tes leçons à celui qui s’égare, puisque toujours, quand on dévie, on quitte la voie qu’on s’était proposée, et que c’est une erreur qu’on commet. Et puis, quel tort as-tu souffert ? En y regardant de près, tu verras que pas un de ceux contre qui tu t’emportes si vivement, n’a pu rien faire absolument qui corrompît ton âme ; or, le mal et le tort personnel que tu pourrais éprouver ne consiste absolument qu’en cela. Est-ce donc un mal ou une chose si étrange qu’un ignorant fasse œuvre d’ignorance ? Examine si ce n’est pas bien plutôt à toi-même qu’il faudrait t’en prendre de n’avoir pas prévu qu’un tel homme commettrait une telle faute. Car la raison te donnait bien des motifs de présumer que, selon toute apparence, il commettrait ce délit ; et si tu t’étonnes qu’il l’ait commis, c’est que tu n’as pas assez écouté les avertissements de la raison.

C’est surtout quand tu accuses quelqu’un de perfidie ou d’ingratitude qu’il faut faire ce retour sur toi-même. Évidemment, c’est ta faute si, connaissant le caractère de cet homme, tu as pu croire qu’il observerait sa parole ; ou bien si, en lui rendant service, tu n’as pas rendu ce service sans arrière-pensée, et si, en faisant ce que tu as fait, tu n’as pas su tirer sur-le-champ de ton action même tout le fruit qu’elle comporte. Que veux-tu donc de plus que de rendre service à cet homme ? Ne te suffit-il pas d’avoir agi en cela conformément à la nature ? Te faut-il donc en outre un salaire ? C’est à peu près comme si l’œil demandait qu’on le payât, parce qu’il voit ; les pieds, parce qu’ils marchent. Ces organes ont été faits pour un but déterminé ; et, en agissant selon leur structure particulière, ils ne font que remplir la fonction qui leur est particulièrement propre. De même aussi, l’homme, qui est né pour le bien, quand il fait quelque chose de bien à lui tout seul, ou qu’il concourt autrement à faire le bien commun en compagnie de ses semblables, ne fait qu’obéir au vœu de son organisation, et il accomplit son devoir propre.

Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, 1876 · IX, 42

Source: Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-09.txt, l. 192

How to cite

The canonical reference names the book and the chapter, so the passage can be found in any edition. The app composes it in three forms:

Full form — full screen and large widgets
— MARCUS AURELIUS · MEDITATIONS, IX, 42
Short form — small widget and Lock Screen
— MEDITATIONS IX, 42
Minimal form — circular Lock Screen widget
IX·42

This passage and the 165 other Marcus Aurelius passages are free in Stoïque, with their reference, on the Home Screen and the Lock Screen.

Download on theApp StoreFree to download, for iPhone.