Meditations · Book V
Meditations, V, 33
Chapter 33 of Book V of the Meditations. First the passage as Stoïque shows it, after Long, 1862; then the whole chapter, word for word, in that edition, and the same chapter in French.
The passage in the app
Soon, very soon, thou wilt be ashes, or a skeleton, and either a name or not even a name; but name is sound and echo.
— MARCUS AURELIUS · MEDITATIONS, V, 33
After Long, 1862 — modernized.
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The whole chapter in Long’s 1862 edition
Soon, very soon, thou wilt be ashes, or a skeleton, and either a name or not even a name; but name is sound and echo. And the things which are much valued in life are empty and rotten and trifling, and like little dogs biting one another, and little children quarreling, laughing, and then straightway weeping. But fidelity and modesty and justice and truth are fled
Up to Olympus from the wide-spread earth. HESIOD, Works, etc. v. 197.
What then is there which still detains thee here, if the objects of sense are easily changed and never stand still, and the organs of perception are dull and easily receive false impressions, and the poor soul itself is an exhalation from blood? But to have good repute amid such a world as this is an empty thing. Why then dost thou not wait in tranquillity for thy end, whether it is extinction or removal to another state? And until that time comes, what is sufficient? Why, what else than to venerate the gods and bless them, and to do good to men, and to practise tolerance and self-restraint; but as to everything which is beyond the limits of the poor flesh and breath, to remember that this is neither thine nor in thy power.
Source: Project Gutenberg · corpus/sources/marcus-aurelius-meditations-long-1862.txt, l. 3816
In French
À l’instant même tu seras de la cendre, un squelette, un nom, moins qu’un nom ; or, un nom n’est qu’un bruit, un écho. Ce qu’on honore le plus dans la vie est vide, pourri, petit ; ce sont morsures de petits chiens et querelles d’enfants qui rient et pleurent aussitôt. La foi, la pudeur, la justice et la vérité sont « parties vers l’Olympe, loin de la vaste terre ». Qu’est-ce qui te retient donc encore ici ? Les choses sensibles sont changeantes et ne durent pas ; tes sens sont faibles et faciles à égarer ; ta pauvre âme elle-même n’est qu’une exhalaison du sang. Avoir de la renommée auprès d’êtres ainsi faits n’est que vanité. Eh bien ! attends avec sérénité ou de t’éteindre ou de changer de place. Et, jusqu’à ce que l’heure en soit venue, que te faut-il ? Rien qu’honorer et louer les Dieux, faire du bien aux hommes, supporter et t’abstenir, te souvenir que tout ce qui est en dehors des limites de ton petit amas de chair et de ton faible souffle n’est pas à toi et ne dépend pas de toi.
Source: Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-couat-1904/livre-05.txt, l. 135
Encore un instant, et tu ne seras plus que poussière, un squelette, un nom, et bientôt pas même un nom ; car la renommée n’est qu’un bruit et un écho qui s’évanouit. Toutes les choses qu’on recherche si ardemment dans la vie sont bien vides, bien corrompues, bien mesquines, roquets qui se mordent, enfants qui se querellent sans cesse, riant un instant pour pleurer l’instant d’après. La bonne foi et la pudeur, la justice et la vérité,
« Remontant vers l’Olympe ont déserté la terre. »
Quel motif peut donc encore te retenir ici-bas ? Ne vois-tu pas que les objets que nos sens perçoivent sont dans un changement continuel, qui ne s’arrête jamais ; que nos sens n’ont que des perceptions obscures, sujettes à mille erreurs ; que le souffle qui nous anime n’est qu’une vapeur de notre sang ; et que la gloire, qu’on recherche auprès d’êtres si fragiles, n’est qu’une fumée vaine ? Qu’est-ce donc que tout cela ? Tu te résignes à attendre l’heure où tu devras t’éteindre ou te transformer. Mais jusqu’à ce moment, qu’on doit subir, que te faut-il ? Une seule chose et rien de plus : honorer et bénir les Dieux, faire du bien aux hommes, et les supporter, ou t’en éloigner. Et quant à tout ce qui est en dehors des bornes de ta pauvre personne et de ton pauvre esprit, bien savoir que cela ne t’appartient pas et ne dépend pas de toi.
Source: Wikisource · corpus/sources/fr/marcus-aurelius-pensees-barthelemy-1876/livre-05.txt, l. 154
How to cite
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- — MARCUS AURELIUS · MEDITATIONS, V, 33
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- V·33
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